Les émissions de télé pour enfants n’enseignent surtout pas la chicane à leur jeune public. Mais derrière l’arrivée d’une nouvelle chaîne francophone s’adressant aux tout-petits se cache un conflit entre deux gros réseaux, soit TVA et Astral.
Le CRTC vient tout juste d’accorder au groupe TVA une licence pour exploiter la chaîne spécialisée TVA Junior, qui vise les enfants de deux à six ans. TVA Junior devrait apparaître dans le paysage télévisuel d’ici trois ans.
TVA affirme que « les jeunes francophones du pays sont actuellement mal desservis et qu’un service spécialisé en langue française entièrement dédié aux enfants de deux à six ans, comme le service pour enfants Treehouse, disponible dans le marché anglophone, comblerait ce manque », peut-on lire dans la décision du CRTC, publiée lundi.
Soulignons que le CRTC a octroyé une licence de catégorie 2 à TVA Junior. Ça signifie que les cablôdistributeurs, comme Bell et Vidéotron, ont le choix d’offrir ou non cette chaîne dans les forfaits pour leurs clients.
Bien entendu, Vidéotron, propriété de Quebecor Media, rendra disponible TVA Junior, aussi propriété de Quebecor, à ses clients. C’est là que le bât blesse avec Astral Media.
Vrak Junior
Il faut savoir qu’Astral possède un bouquet de chaînes spécialisées, dont VRAK.TV. Depuis 2006, Astral détient aussi une licence pour une chaîne nommée Vrak Junior, dont la programmation ciblerait les enfants d’âge préscolaire, comme celle de TVA Junior.
Aucun téléspectateur n’a encore vu apparaître Vrak Junior sur son petit écran. Selon Astral, Vidéotron refuse de distribuer à ses abonnés cette chaîne pour enfants.
« Astral regrette que Vidéotron n’ait pas accueilli positivement sa demande de distribution (pour Vrak Junior). D’autant plus que Quebecor Media reconnaît qu’il y a une forte demande pour ce type de service auprès de ses abonnés », écrit Pierre Roy, président des chaînes Astral, dans une lettre au CRTC.
Astral ajoute que Vidéotron domine le marché de la distribution numérique au Québec en desservant 51 % des abonnés. Si Vidéotron refuse de distribuer Vrak Junior, comme le prétend Astral, la chaîne voit son potentiel diminué.
Faux, dit Quebecor
De son côté, Quebecor rejette les accusations d’Astral du revers de la main. « Astral laisse entendre que Vidéotron aurait refusé l’accès à Vrak Junior. Nous avons consulté Vidéotron, qui admet avoir eu des discussions, mais qui nie catégoriquement avoir refusé l’accès au service en question », réplique Peggy Tabet, directrice Affaires réglementaires et radiodiffusion de Quebecor Media, dans une lettre au CRTC.
D’après Quebecor Media, le malentendu avec Astral est dû à une politique réglementaire du CRTC et à un ratio de distribution qui ne s’appliquaient pas au moment où Vrak Junior a obtenu sa licence.
Astral espère toujours que Vidéotron acceptera d’offrir Vrak Junior à ses abonnés même si le délai d’implantation de la chaîne approche à grands pas, c’est-à-dire le 27 mars. « À notre avis, la majorité des parents n’hésiteront pas à s’abonner à Vrak Junior et à TVA Junior si les deux services leur sont offerts », estime le président d’Astral.
Quebecor Media et Astral demandent donc au CRTC de clarifier au plus vite ses politiques réglementaires pour la distribution de chaînes de catégorie 2, pour éviter ce type de conflit dans l’avenir.
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